Archives du Cantal

D'un rocher à l'autre, Monaco-Carladès, quatre siècles d'Histoire

Possession des princes de Monaco aux XVIIe et XVIIIe siècles, confisqué à la Révolution, le rocher de Carlat est retourné dans le giron des Grimaldi à l’occasion de sa vente, réalisée en 1911 par l’intermédiaire de la société des lettres, sciences et arts « La Haute-Auvergne » et officialisée en 1914. L’année 2014 est l’occasion de célébrer ce centenaire et d’accueillir en Carladès Leurs Altesses Sérénissimes le prince Albert de Monaco et la princesse Charlène, en témoignage d’un attachement vif et sincère.

Exposition réalisée par les Archives départementales du Cantal (ADC) en partenariat avec les Archives du Palais de Monaco (APM), à l’occasion de la venue de Leurs Altesses Sérénissimes le prince Albert de Monaco et la princesse Charlene, 14 et 15 mai 2014.

Heurs et malheurs du Carladès

La vicomté avant les Grimaldi

De Géraud d’Aurillac à Louis XIII

Les premiers vicomtes de Carlat font leur apparition au Xe siècle. Ils rendent hommage à l’abbaye d’Aurillac pour cette terre qui aurait appartenu à Géraud d’Aurillac. Passée un temps aux mains des comtes de Rodez, la vicomté subit les ravages de la guerre de Cent Ans.

En 1392, Jean, duc de Berry et d’Auvergne, rachète le Carladès.

Son arrière-petit-fils Jacques d’Armagnac, bien qu’ami de Louis XI, ne peut s’empêcher de comploter contre le roi, obtenant à chaque fois son pardon… jusqu’au jour où il est arrêté à Carlat, en 1477. La lettre du « Pauvre Jacques » repentant n’y fera rien, il est décapité à Paris.

La vicomté est alors confiée à la fille du roi Anne de France, qui la transmettra elle-même à sa fille Suzanne et à son gendre Charles de Bourbon. Lorsque Suzanne meurt en 1521, Louise de Savoie, mère du roi François Ier, revendique l’héritage au détriment de Charles de Bourbon, et obtient gain de cause.

Le Carladès sera ensuite rattaché au domaine royal et y restera pendant plus d’un siècle, avant d’être concédé à Honoré II de Grimaldi, prince de Monaco, en 1643.

Jacques d'Armagnac, dessin de G. Fath gravé par Degreef, 1863
Jacques d'Armagnac, dessin de G. Fath gravé par Degreef, 1863

Maquette du château de Carlat, terre modelée par Daniel Georgin, cuite et céramiquée par Geneviève Delbert, 1989 (maquette exposée à la mairie de Carlat, photographie : ADC 42 Fi 102).
Maquette du château de Carlat, terre modelée par Daniel Georgin, cuite et céramiquée par Geneviève Delbert, 1989 (maquette exposée à la mairie de Carlat, photographie : ADC 42 Fi 102).

Le prestige de Carlat

Capitale de la vicomté à qui elle a donné son nom, Carlat est dominée par un majestueux château, fortifié de remparts semblables à ceux de Carcassonne. Il accueille en 1585-1586 Marguerite de Valois, épouse du futur roi Henri IV, avant que ce dernier ne donne l’ordre en 1603 de raser la forteresse, tenue par François du Pouget, seigneur de Morèze, soupçonné d’avoir conspiré contre lui.

La vicomté se recentre alors sur Vic, capitale administrative et judiciaire, ce qui va contribuer à l’enrichissement de la ville et à la construction de belles demeures.


Carladès ou Carladez ?

Jusqu’au XIXe siècle, la graphie Carladez est de loin la plus courante. Aujourd’hui, deux écoles cohabitent : la tendance serait de conserver le « z » côté aveyronnais et de préférer le « s » dans le Cantal, mais rien n’est moins ferme que cette distinction. Le parti-pris de cette exposition a été de suivre la graphie choisie par Jean-Baptiste Deribier du Châtelet dans son Dictionnaire historique et statistique du Cantal. Carladès l’emporte pour cette fois, mais le débat reste ouvert !

Vic-sur-Cère en 1912, carte postale, ADC 18 Fi 447.
Vic-sur-Cère en 1912, carte postale, ADC 18 Fi 447.

Les différents visages du Carladès

Aujourd’hui, le Carladès est synonyme de « région de Carlat », même si ses frontières ne sont pas précisément définies. Le Carladès que possédait la famille de Grimaldi, en revanche, s’étendait bien au-delà du rocher de Carlat. Retour sur la forme d’un territoire qui fluctue au fil du temps…

Au XVIIe siècle, Louis XIII attribue à Honoré II de Grimaldi, par le traité de Saint-Germain-en-Laye, la vicomté de Carlat élevée à cette occasion en comté. Celle-ci est composée de sept territoires administratifs appelés châtellenies : Vic, Muret (sur la paroisse de Thiézac), Caylus (sur la paroisse de Raulhac), Boisset, Carlat, Cromières et Mur-de-Barrez. S’ajoutent à ces terres les mandements de Vigouroux, de Turlande et du Barrez (La Capelle-Barrez aujourd’hui), prélevées à la vicomté de Murat, ainsi que la baronnie de Calvinet et la seigneurie de la Vinzelle.

Le Carladès au XVe siècle

Rappelant la forme d’un papillon qui déploie ses ailes de Laroquebrou à Mur-de-Barrez, et de Boisset à Dienne, le Carladès s’étend sur toutes les seigneuries dépendant de Carlat. Il constitue une circonscription administrative et judiciaire qui se superpose et se mêle aux circonscriptions royales ; excepté au sud-est où il suit la Truyère, il n’est pas délimité par des frontières naturelles.

Le Carladès du XXe siècle

Depuis la Révolution, le Carladès n’a plus de réalité administrative. Le souvenir de l’étendue du comté de Carlat s’estompe et le nom de Carladès, que le tourisme fait renaître, ne désigne plus dans les guides cantaliens que la périphérie sud-aurillacoise, excluant bien souvent le Barrez aveyronnais. Dans une optique touristique renouvelée, ce nom est revendiqué depuis une vingtaine d’années par la commune de Vic, rappelant le rôle central de cette ville sous l’Ancien Régime.

Génèse d'une alliance : le traité de Péronne

Depuis le XVIe siècle, France et Espagne sont engagées dans une lutte pour la domination de l’Europe. Et entre ces deux grandes puissances se trouve le Rocher de Monaco…

Armoiries princières après le traité de Péronne : Après son retournement d’alliance, Monaco ajuste ses armoiries en remplaçant le collier de la Toison d’or, autour du blason, par celui du Saint-Esprit. 

Carolo de Venasque, Genealogica et historica Grimaldae gentis arbor, 1667.

Petit par la taille, le Rocher de Monaco revêt cependant une importance stratégique remarquable : les fortifications qui l’entourent en font un fort imprenable, tandis que sa position sur le littoral lui ouvre le commerce maritime vers toute la Méditerranée et au-delà. 

Malgré tout, ses moyens de défense ne sont pas suffisants pour faire face aux puissances voisines. En échange de la reconnaissance de sa souveraineté, Monaco se place sous le protection de l’Espagne en 1524. C’est ainsi que commence une tutelle qui va durer plus de cent ans.


Louis XIII, roi de France, Philippe de Champaigne, 1655, huile sur toile, 108x86 cm, musée du Prado (Madrid)
Louis XIII, roi de France, Philippe de Champaigne, 1655, huile sur toile, 108x86 cm, musée du Prado (Madrid)

La protection des Habsbourg, régnant sur l’Espagne et le Saint Empire romain-germanique, est indubitablement bénéfique pour Monaco, dont le souverain parvient à se faire reconnaître le titre de Prince en 1633. Mais la puissance européenne de l’Espagne décline face à la France, alors que son protectorat sur Monaco devient pesant. Dès 1630, des négociations secrètes sont engagées entre Honoré II et l’ambassadeur de France à Gênes, pour un retournement d’alliance. Les navettes se multiplient jusqu’au 14 septembre 1641, date de la signature du traité de Péronne par Louis XIII.

Liberté glorieuse, portrait d’Honoré II portant la croix de l’Ordre du Saint-Esprit. APM, PH 3400
Liberté glorieuse, portrait d’Honoré II portant la croix de l’Ordre du Saint-Esprit. APM, PH 3400

Le traité de Péronne garantit à Honoré tous les avantages qu’il perd du côté de l’Espagne. Louis XIII s’engage à lui fournir une garnison de cinq cents soldats français, payés par le roi de France mais placés sous les ordres du Prince. Il reconnaît la souveraineté complète d’Honoré II sur Monaco, qu’il honore des ordres de Saint-Michel et du Saint-Esprit pour le dédommager de la perte de l’ordre de la Toison d’or. Et, afin de compenser la confiscation des terres monégasques enclavées en territoire espagnol, dans le royaume de Naples, Louis XIII promet à son protégé des terres françaises au revenu équivalent.

Traité de Péronne, 14 septembre 1641, APM A28 n°14, pièce 4.

Le roi tient promesse

Conformément au traité de Péronne, Louis XIII accorde à Honoré II des terres dont les revenus compensent les profits de celles confisquées par les Espagnols.

Médaille portant inscription de la titulature d’Honoré II en latin : « Honoré II, par la grâce de Dieu prince de Monaco, duc de Valentinois, pair de France, comte de Carladès », 1645, APM GMO 3216-3217 bis.


Lettres patentes de Saint-Germain-en-Laye, 1643, APM G1.
Lettres patentes de Saint-Germain-en-Laye, 1643, APM G1.

Le duché de Valentinois et le marquisat des Baux font l’objet d’une première concession en 1642, mais il faut attendre 1643 et les lettres patentes de Saint-Germain-en-Laye pour voir la vicomté de Carlat, érigée à cette occasion en comté, passer aux mains des Grimaldi.


Louis XIII a accepté d’accorder des terres à Honoré II pour compenser une perte de revenus. De savants calculs sont effectués pour estimer quelles terres correspondront précisément à la somme requise, qui se monte à 75 000 livres [ld1] au total. Déduction faite des revenus des duché et marquisat donnés en 1642, le profit tiré de la vicomté de Carlat s’approchait fortement du résultat recherché. Le total est atteint avec l’adjonction d’une partie de la vicomté de Murat. Le roi de France refusera formellement de céder l’autre moitié, malgré les instances répétées d’Honoré II.

A ces arguments mathématiques s’ajoute le fait que la vicomté de Carlat, réunie récemment au domaine royal, jouissait d’un attachement affectif moindre de la part du roi de France.

[ld1]1 million d’€

Maison identifiée comme l’ancien bailliage de Vic, place de l’Eglise (ADC 6 NUM 117/2)
Maison identifiée comme l’ancien bailliage de Vic, place de l’Eglise (ADC 6 NUM 117/2)

Afin de prendre possession de ses nouvelles terres, Honoré II délègue en Carladès l’intendant de ses maisons et affaires en France, Claude Fabri, baron de Rians. L’ouverture de la cérémonie a lieu à Vic, dans la maison du bailliage, le 14 novembre 1643. Lecture est faite des lettres patentes devant une assemblée solennelle, puis celles-ci sont transcrites dans les registres des greffes du bailliage et de la prévôté de Vic. Après avoir remis le sceau de Monaco au lieutenant particulier civil, représentant l’administration et la justice seigneuriales, Claude Fabri assiste à l’office religieux depuis le siège le plus éminent de l’église. Ces formalités sont reproduites les jours suivants à Carlat, où le baron visite également les ruines du château, à Mur-de-Barrez et à Calvinet.

Place de la Fontaine à Calvinet [ca. 1910] (ADC 18 Fi 10)
Place de la Fontaine à Calvinet [ca. 1910] (ADC 18 Fi 10)

La lignée des comtes de Carladès

Les Grimaldi font usage du Carladès pour titrer certains de leurs enfants, mais sans règle fixe, à la différence du marquisat des Baux donné par Louis XIII au fils aîné d’Honoré II, Hercule, et aujourd’hui encore conféré au prince héréditaire.

Un prince à Vic

Situé dans une région à l’époque difficile d’accès, loin de Monaco et de Paris où les Grimaldi résident, le comté de Carladès reçoit une unique visite monégasque sous l’Ancien Régime : celle de Louis Ier, en 1668.
Louis Ier, prince de Monaco (1662-1701), école de Pierre Mignard, 1668, huile sur toile (APM)
Louis Ier, prince de Monaco (1662-1701), école de Pierre Mignard, 1668, huile sur toile (APM)

Le comté de Carladès représente avant tout une source de revenus pour les princes de Monaco. Les terres, cédées en bail à ferme, rapportent des loyers fixes, et de nombreux impôts sont prélevés : moulins et fours banaux, péages, frais de justice, etc. Les Grimaldi sont soucieux de la bonne gestion de leurs possessions auvergnates.

Récépissé d’hommage de Jean Seguy au prince Louis Ier de Monaco, 18 septembre 1668 (coll. privée)
Récépissé d’hommage de Jean Seguy au prince Louis Ier de Monaco, 18 septembre 1668 (coll. privée)

Or, l’éloignement du prince est propice à la multiplication des abus. C’est pourquoi, en septembre 1668, Louis Ier de Grimaldi décide de séjourner une vingtaine de jours à Vic, affirmant par sa présence physique son autorité sur le comté. Il reçoit à cette occasion les hommages de ses vassaux, enregistrés par le bailli Jean de Sistrières, et règle des différends survenus en raison de l’imprécision du traité de Saint-Germain-en-Laye, comme les droits de pacage des animaux dans les forêts seigneuriales.


Logé comme un prince… chez l’habitant

Selon la formule apparaissant au bas de certains aveux et dénombrements, les hommages rendus au Prince sont faits « à Vic, en nostre hostel ». Or, la famille de Grimaldi ne possède aucune demeure dans cette ville. En réalité, le Prince Louis Ier est logé chez l’une des habitantes de Vic, Anne de Goussard, veuve de Jacques de Boisset, de son vivant avocat en la cour. La profession du défunt mari justifie que la maison mise à la disposition du Prince soit la plus prestigieuse de la ville. C’est sans doute ce bref séjour de Louis Ier qui a valu à cette demeure, qu’aucun autre Grimaldi n’habitera, le nom de maison des princes de Monaco.

Carte postale représentant la maison des princes de Monaco à Vic-sur-Cère, [1900-1920], ADC 45 Fi 15375
Carte postale représentant la maison des princes de Monaco à Vic-sur-Cère, [1900-1920], ADC 45 Fi 15375

Comme cadeau officiel… un saumon !

Avertis de la visite du prince de Monaco, les sieurs comptables de la ville d’Aurillac tinrent à lui rendre une visite de courtoisie. Le livre de compte des recettes et dépenses de la ville pour les années 1668-1669 garde trace, pour cette occasion, d’une dépense de 8 livres pour le cadeau envoyé au prince : un saumon.

La guerre des juges

Résultant d’une organisation complexe, les tribunaux de Vic vont mener une lutte d’influence, arbitrée par le roi de France et le prince de Monaco.
Sceau du bailliage de Vic, ADC 1 J 226/1
Sceau du bailliage de Vic, ADC 1 J 226/1
Dessin de la matrice par A. Aymar et le docteur Charvilhat dans « Un sceau matrice de la cour d’appeaux de Carladez », Revue de la Haute-Auvergne, 1915.
Dessin de la matrice par A. Aymar et le docteur Charvilhat dans « Un sceau matrice de la cour d’appeaux de Carladez », Revue de la Haute-Auvergne, 1915.
Registre de la geôle du bailliage de Vic, 1732, ADC 15 B 597
Registre de la geôle du bailliage de Vic, 1732, ADC 15 B 597

Les pouvoirs régaliens du prince

A partir du XVIIe siècle, les tribunaux seigneuriaux se font de plus en plus rares, les principales affaires civiles et criminelles étant jugées par des officiers royaux. Lors de la concession du Carladès à Monaco, Honoré II parvient à se faire attribuer des droits régaliens : les tribunaux royaux seront maintenus, les officiers de justice nommés conjointement par le roi de France et le prince de Monaco, et payés par ce dernier. Ce compromis permet aux Grimaldi de garder la main sur les causes jugées en Carladès.


Vitrail représentant les armoiries de la famille Murat-Sistrières, qui s’appropria la charge de juge d’appeaux de Vic de 1647 à la Révolution, église de Raulhac, 1901, ADC 45 Fi 19426
Vitrail représentant les armoiries de la famille Murat-Sistrières, qui s’appropria la charge de juge d’appeaux de Vic de 1647 à la Révolution, église de Raulhac, 1901, ADC 45 Fi 19426

Guerre intestine à Vic

La justice commune sous l’Ancien Régime est divisée en trois échelons : la prévôté tout d’abord, tribunal ordinaire ; le bailliage, ou siège d’appeaux, qui rend des jugements en appel et traite en premier ressort des cas royaux échappant à la prévôté (lèse-majesté, faux-monnayage, hérésie…) ; et en dernier lieu, la cour souveraine dont ressort le bailliage, le parlement de Paris dans le cas de Vic.

Capitale judiciaire du Carladès, Vic abrite deux tribunaux, une prévôté et un bailliage. La présence du siège d’appeaux dans la même ville que le tribunal ordinaire limite l’autonomie et les compétences de ce dernier, et va être source de conflits répétés.

Dès 1647, le prévôt de Vic demande la suppression du bailliage et son rattachement à celui d’Aurillac ou de Saint-Flour. Après plusieurs arrêts départageant les deux juges, le parlement de Paris décide de supprimer la prévôté en 1671. Louis Ier, dont les intérêts sont menacés, intervient alors auprès du roi : la perte du tribunal ordinaire entraînerait une perte de revenus. Bénéficiant de l’influence du prince, la prévôté est donc rétablie. Il faudra attendre 1749 et l’édit de Louis XV supprimant les prévôtés dans les chefs-lieux de bailliage pour que cesse définitivement cette querelle.

Couverture du dernier registre plumitif de la prévôté de Vic
Couverture du dernier registre plumitif de la prévôté de Vic

« Registre plumitif de la prévôté royale de Carladez […] depuis le 28 avril 1749 jusqu’au premier juillet 1749, jour de la publication et enregistrement de l’édit du mois d’avril 1749 portant suppression de ladite prévôté, et réunion d’icelle au baillage et siege d’appeaux », 1749, ADC 15 B 3.

Administrer de loin, suivre de près 

Même absents, les Princes de Monaco vont suivre de près leurs affaires caldaguès, et défendre sans relâche leurs prérogatives.
Antoine Ier de Monaco, Hyacinthe Rigaud, 1706, huile sur toile.
Antoine Ier de Monaco, Hyacinthe Rigaud, 1706, huile sur toile.

Lorsqu'en 1673 Colbert tente de supprimer un grand nombres de péages nuisant au commerce, Antoine Ier de Monaco s'élève contre cette réforme qui affecterait la compensation financière accordée à Honoré II. Il lui faudra néamoins prouver que les fruits de ces péages sont effectivement employés à l'entrettien des routes et des ponts du comté. 


Elément fondamental de l’administration du comté, un fondé de pouvoir est nommé par le Prince de Monaco pour le représenter en Carladès. Celui-ci sert d’intermédiaire entre Monaco et son comté, appliquant les directives du Prince et l’informant de l’état de ses affaires en Carladès, mais il jouit malgré tout d’une certaine autonomie dans la gestion du comté. Au XVIIIe siècle, cette charge aussi influente qu’honorifique est accaparée par une famille, les Froquières, à qui succèdent par mariage les Delrieu. C’est un monopole dont profite sans scrupule cette dynastie à l’ascension fulgurante.

Carte postale représentant la place du marché à Mur-de-Barrez. Un péage au profit du comte de Carladès était établi dans cette ville. [1916], ADC 10 NUM 700
Carte postale représentant la place du marché à Mur-de-Barrez. Un péage au profit du comte de Carladès était établi dans cette ville. [1916], ADC 10 NUM 700

Livre de comptes du sieur Froquières, 1705, APM G58.
Livre de comptes du sieur Froquières, 1705, APM G58.

Bien qu’ils ne parviennent à réprimer ces dérives, les Princes de Monaco savent qu’il leur est nécessaire de s’impliquer dans la gestion du comté. Antoine Ier se fait envoyer les livres de comptes qu’il relit lui-même, et Honoré III envoie des intendants contrôler les fermiers responsables du recouvrement des impôts. Malgré tout, des charges pèsent sur les comtes de Carladès (gages des officiers, entretien des tribunaux et des prisons, assistance, etc.). Combinées aux aléas climatiques pouvant ruiner les récoltes, ces dépenses font du Carladès une source de revenus souvent bien inférieure à ce qui avait été promis lors du traité de Péronne.

La fin du comté

Jusqu’à la veille de la Révolution, le bailliage de Vic est parvenu à maintenir son indépendance par rapport à ceux d’Aurillac et de Saint-Flour, qui le regardent d’un mauvais œil.
Ouverture des Etats généraux, 5 mai 1798. Dessin et gravure de Couché fils, terminé par Bovinet, éditions Baudoin frères, Paris, sd. ADC 27 J 258/2
Ouverture des Etats généraux, 5 mai 1798. Dessin et gravure de Couché fils, terminé par Bovinet, éditions Baudoin frères, Paris, sd. ADC 27 J 258/2

1789, l’espoir déçu

Se considérant autonomes, les Carladésiens décident de rédiger un cahier de doléances spécifique à leur comté, et d’envoyer leurs propres députés aux Etats généraux. Cependant, il leur faut obtenir une convocation et, malgré le soutien d’Honoré III, le Carladès se voit contraint de porter ses doléances à Saint-Flour, où seront élus les délégués de Haute-Auvergne. Peu nombreux, reçus par des Sanflorains hostiles, les envoyés du Carladès sont méprisés, leurs doléances étouffées, et aucun d’entre-eux ne parvient à être désigné député.

Cette réfutation de l’autonomie carladésienne présage la fin d’une circonscription qui estimait pourtant être un pays à part.

Cahier de doléances du bailliage de Vic, qui ne sera jamais envoyé à Paris, 1789. ADC 17 B 166.
Cahier de doléances du bailliage de Vic, qui ne sera jamais envoyé à Paris, 1789. ADC 17 B 166.

Avec l’abolition des privilèges la nuit du 4 août 1789, Honoré III perd ses droits féodaux sur le Carladès. C’est une spoliation illégitime, proteste-t-il, puisque les terres qu’il possède lui ont été données, non pas en raison de ses titres de noblesse, mais dans le cadre d’un traité diplomatique.

La prise des Tuileries le 10 août 1792 coupe court à toute revendication : c’est la fin de la monarchie constitutionnelle, le Prince Honoré III devient le citoyen Grimaldi. Il perd ainsi la terre du Carladès, où il n’aura jamais posé le pied.

Le démantèlement du Carladès

La frontière entre les départements du Cantal et de l’Aveyron, dessinée en 1790, brise l’unité du Carladès. Elle suit le tracé d’une circonscription fiscale qui existait elle aussi sous l’Ancien Régime, l’élection d’Aurillac.

Les seigneuries du Carladès sont une à une vendues à des particuliers. Jadis promontoire prestigieux surmonté d’un château imprenable, le rocher de Carlat est cédé à un prix dérisoire.

Le nom même de Carladès est abandonné : Vic-en-Carladez devient Vic-sur-Cère, et le souvenir s’efface peu à peu des mémoires.

Acte de vente du rocher de Carlat, bien national, à Jean-Joseph Laribbe, 23 floréal an 5 (12 mai 1797) (ADC 1 Q 912)
Acte de vente du rocher de Carlat, bien national, à Jean-Joseph Laribbe, 23 floréal an 5 (12 mai 1797) (ADC 1 Q 912)

Albert Ier, l'émergence de liens savants

Régnant de 1889 à 1922, Albert Ier, surnommé le « prince savant », n’a de cesse de promouvoir la recherche historique et scientifique. Il noue ainsi des liens avec le Cantal.

Portrait d’Albert 1er, Prince de Monaco, en habit d’académicien. - Héliotype, cliché Detaille, tiré à part de "L'œuvre anthropologique du Prince Albert 1er de Monaco", L'Anthropologie, tome 33, 1923 (Bibliothèque du Musée du Veinazès).

Redécouverte du Carladès

Alors qu’il s’intéressait à l’histoire du Carladès, le comte cantalien Edouard de Dienne fait aux Archives princières de Monaco une découverte fascinante et inattendue : tout un fonds d’archives concernant la vicomté de Carlat avant son attribution à Honoré II. Le prince Albert Ier finance l’édition de ces pièces inédites. Elles sont intégralement transcrites par l’archiviste de Monaco, Gustave Saige, et le comte de Dienne, et sont complétées par une histoire de la vicomté. Les Documents historiques relatifs à la vicomté de Carlat paraissent en 1900.

Afin de retracer l’histoire du Carladès depuis ses origines, Saige et Dienne font appel aux connaissances d’historiens, tel Marcellin Boudet. Ayant appris que de dernier avait effectué une transcription manuscrite du cartulaire de Saint-Flour, Albert Ier estima que ce document viendrait compléter utilement l’histoire du Carladès. C’est ainsi que le prince mécène lui offrit de publier à Monaco le Cartulaire de Saint-Flour, ce qui fut achevé en 1910. De cette façon, Albert Ier témoignait de son intérêt pour l’Histoire.

Marcellin Boule (1861-1942)

Né à Montsalvy le 1er janvier 1861, agrégé de la faculté de médecine et de sciences de Toulouse, Marcellin Boule occupe les fonctions de directeur du Museum d’histoire naturelle de Paris de 1902 à 1937.

Ayant eu écho de la renommée du Cantalien, Albert Ier lui demande en 1910 de diriger les fouilles des grottes Grimaldi. Ainsi commence une amitié sincère, confortée par l’intérêt du prince pour les sciences : la même année, Albert Ierfonde à Monaco le musée océanographique sur les origines de la vie, et dix ans plus tard, en 1920, l’Institut de paléontologie humaine à Paris. Né d’une idée du prince mise en œuvre par son ami paléontologue, cet institut est un lieu de recherche et de divulgation des connaissances. Il sera dirigé par Marcellin Boule jusqu’en 1939.

Lorsqu’une stèle est dressée en l’honneur de Marcellin Boule à Aurillac en 1962, square de Vic, le prince Rainier III ne manque pas de se faire représenter pour rendre hommage à un homme qui avait toute l’estime de son arrière-grand-père.

Diplôme et cravate de l’ordre de Saint-Charles. Le 23 décembre 1920, Marcellin Boule est fait commandeur de l’Ordre de Saint-Charles, équivalent monégasque de la Légion d’honneur. (Collection Mairie de Montsalvy, ADC 19 NUM 17/1 et 19 NUM 18/2).

Carte postale représentant les grottes Grimaldi, situées à la frontière italienne. (Collection Mairie de Montsalvy, ADC 19 NUM 13).

Un prête-nom pour un rendu

Après être passé entre plusieurs mains, le rocher de Carlat est de nouveau en vente en 1910. C’est l’occasion pour le prince de Monaco d’acquérir le rocher perdu de ses ancêtres…
Le rocher de Carlat en 1920 (ADC 29 Fi 238)
Le rocher de Carlat en 1920 (ADC 29 Fi 238)
Edouard de Dienne (ADC 35 Fi 562)
Edouard de Dienne (ADC 35 Fi 562)

C’est le comte de Dienne, membre de la Société des lettres, sciences et arts « La Haute-Auvergne », qui prend l’initiative de proposer à Albert Ier l’acquisition du rocher. Plus qu’une volonté de rendre au prince les possessions de ses ancêtres, c’est avant tout un souci d’ordre patrimonial qui anime le comte. Cet achat permettrait d’éviter toute exploitation industrielle du site et de mener des fouilles archéologiques sur les ruines du château.

Édouard de Dienne sait que le prince sera sensible à l’argument patrimonial, d’autant plus que, une fois acquis, le rocher de Carlat ne nécessitera aucune gestion particulière : « pas d’exploitation, pas de revenus, et la seule charge, quelques centimes d’impôts à payer à l’État français », argumente Dienne dans une lettre du 27 août 1910. Le rocher, quant à lui, est estimé à 2000 francs.

Le prince hésite, mais le temps presse : un industriel a fait une offre pour établir sur le rocher… une guinguette ! Par ailleurs, il faut trouver une solution pour préserver l’anonymat du prince, afin d’éviter que le vendeur ne fasse monter le prix. C’est finalement la SHAqui fait office d’intermédiaire entre Monaco et Maître Usse, notaire à Carlat. L’acte de vente, dont le prix est négocié à 1500 francs, est passé le 10 juillet 1911. Officiellement, la SHAdevient propriétaire du rocher, mais la somme est bel et bien versée par Monaco. Ce n’est qu’en 1914 que la rétrocession, présentée comme un acte de vente, est signée, et que le véritable propriétaire rend son nom public.


Brouillon de l'acte de vente de 1914.
Brouillon de l'acte de vente de 1914.

Une rétrocession sous conditions

Le 28 février 1914, la SHA rétrocède le rocher de Carlat à Albert Ier. Bien qu’il s’agisse uniquement de replacer le prince dans son bon droit, des négociations ont lieu au sujet de l’exploitation du rocher. Alors que la SHAespérait être seule à profiter des fouilles archéologiques, le prince Albert n’oublie pas l’Institut de paléontologie humaine qu’il a fondé et compte l’associer aux découvertes. Un accord est finalement trouvé sur ces bases :

  • La SHAdispose d’un droit exclusif de jouissance sur le rocher, et a l’autorisation d’y faire des fouilles. Néanmoins, cette autorisation est partagée avec l’IPH.
  • Elle devra informer l’IPH de la découverte de squelettes et autres documents préhistoriques
  • Les objets découverts lors des fouilles seront exposés dans un musée local créé par la SHA à Carlat. En attendant qu’il soit construit, ces objets pourront être déposés dans un musée carladésien ou aurillacois ; ils seront dans des vitrines à part et clairement identifiés comme propriété du prince de Monaco. Cette mesure traduit la crainte principale de la SHA, qui était de voir le patrimoine cantalien quitter le département.

Carlat, entre imaginaire et réalité

A l’aube du XXe siècle, les représentations du rocher de Carlat correspondent à des préoccupations variées : historiques, scientifiques mais aussi matérielles.
Carte postale représentant « l’escalier de la reine », en souvenir de Marguerite de Valois, [1900-1920], ADC 45 Fi 15915
Carte postale représentant « l’escalier de la reine », en souvenir de Marguerite de Valois, [1900-1920], ADC 45 Fi 15915

Au XIXe siècle et au début du XXe, le site de Carlat, grand rocher dénudé et majestueux, impressionne avant tout par son passé de place forte, « la plus importante d’Auvergne ». Les récits d’érudits, de guides, de littérateurs ou de voyageurs énumèrent les sièges glorieux, égrenant les noms de héros qui s’y seraient ou s’y sont battus, précisant que la place ne fut jamais prise que « par composition ».

Portrait de la reine Marguerite de Valois, gravure anonyme d’après François Clouet, tirée de l’Hôtel de la Reine Marguerite, Charles Duplomb, éd. Léon Willem, Paris, 1881.
Portrait de la reine Marguerite de Valois, gravure anonyme d’après François Clouet, tirée de l’Hôtel de la Reine Marguerite, Charles Duplomb, éd. Léon Willem, Paris, 1881.

Ils mettent en avant deux héroïnes : Madame de Morèze, qui s’oppose, en 1602, à l’arrestation de son mari en s’enfermant dans le château assiégé ; et surtout, Marguerite de Valois, dont l’exil de dix-huit mois en ces murs, en 1585-86, est prétexte à récits légendaires sur ses agissements (empoisonnements, frasques amoureuses). Ces récits sont repris et développés avec une acuité plus marquée encore après la publication de La Reine Margot par Alexandre Dumas en 1844-45.

Le souvenir du lien avec la famille Grimaldi, en revanche, n’est qu’assez rarement mobilisé avant le dernier tiers du XIXe siècle.

Tentative de reconstitution du château de Carlat avant sa destruction : gravure anonyme du XIXe siècle (ADC, Archives de la SHA).
Tentative de reconstitution du château de Carlat avant sa destruction : gravure anonyme du XIXe siècle (ADC, Archives de la SHA).
Le ficus du rocher de Carlat, dessin de Pierre Marty, 1892 (ADC 28 J 2/223)
Le ficus du rocher de Carlat, dessin de Pierre Marty, 1892 (ADC 28 J 2/223)

Parallèlement se développe l’intérêt géologique et botanique du site. C’est à compter du dernier quart du XIXe siècle, surtout, que Carlat semble être devenu une destination régulière pour des excursions scientifiques.

Ces représentations étaient en concurrence avec une perception locale « utilitariste ». Dans l’exploitation agricole dont faisait partie le rocher, il n’était qu’une marge, une friche. En revanche, sa masse rocheuse pouvait apparaître comme un gisement de matériau de premier ordre, aux yeux d’un carrier. L’achat du rocher par la Société « La Haute-Auvergne » a finalement éloigné tout risque de démolition et a préservé l’intégrité du site.

Un attachement...

Alors qu’elle n’a plus de possessions carladésiennes depuis plus d’un siècle, la famille de Grimaldi va montrer un attachement particulier pour le Cantal tout au long du XXe siècle, qui conduit à la visite officielle du prince Albert II et de la princesse Charlène les 14 et 15 mai 2014.
Albert Ier à motocylette (APM, cliché Chusseau-Flaviens)
Albert Ier à motocylette (APM, cliché Chusseau-Flaviens)

En 1904, le prince Albert Ier traverse une partie du Cantal à motocyclette lors d’un grand périple : venu de Mende, il passe à Garabit, déjeune à Saint-Flour, puis gagne Murat et Allanche. Le 9 mai 1904, Albert Ier écrit : « Les montagnes traversées aujourd’hui présentent plusieurs côtes rapides et des tournants à l’infini. Le passage de la vallée que franchit le viaduc de Garabit est notamment très rude, et ma motocyclette me laisse deux fois à pied : elle porte, en effet, une lourde charge. Vraiment ce voyage s’accomplit dans des conditions très dures ; et malgré les beaux paysages de cette contrée, je serai content de sortir des montagnes. »


A l’été 1912, le prince héréditaire Louis et sa fille Charlotte séjournent plusieurs semaines au château de Chavagnac, chez le premier aide de camp du prince Albert Ier, le général de Pélacot (1851-1940). Celui-ci a épousé Marie-Sophie Joséphine de Brives (1860-1923), fille d’un receveur des finances à Murat.

Ils jouent au tennis avec la bonne société locale, font du tourisme (au viaduc de Garabit), et se rendent sur l’ancestral rocher de Carlat. La princesse Charlotte revient chez Madame de Pélacot en juillet 1913 et en septembre 1915.

Fin avril 1947, le prince héréditaire Rainier séjourne quelques jours à Saint-Flour, chez le sous-préfet Roger Bellion ; il visite Vic et Cheylade.

La princesse Charlotte et la famille Pélacot sur le rocher de Carlat (APM, cliché Rochette de Lempdes).
La princesse Charlotte et la famille Pélacot sur le rocher de Carlat (APM, cliché Rochette de Lempdes).

Vitrail représentant deux tenanciers de Caylus faisant au prince Honoré II des présents de joyeux avènement, 1957, église de Vézels (cliché T. Fouilleron).
Vitrail représentant deux tenanciers de Caylus faisant au prince Honoré II des présents de joyeux avènement, 1957, église de Vézels (cliché T. Fouilleron).

En 1953, lorsque le chœur de l’église de Vézels-Roussy est reconstruit, l’érudit curé Antoine Trin et le maire Alphonse Chausy font réaliser, par les ateliers Mauméjean, un vitrail historié représentant le prince Honoré II recevant des offrandes de paysans carladésiens.


En 1953, le prince Rainier III utilise le pseudonyme de Louis Carladès pour s’assurer l’incognito comme pilote lors du tour de France automobile.

En 1956, les cloches de nombreuses paroisses du Carladès sonnent pour le mariage du prince Rainier III avec Grace Kelly. La ville d’Aurillac, s’érigeant en porte-parole des communes de l’ancien comté, offre « une très belle fontaine de cuivre rouge, décorée aux armes de la cité ; celles de la principauté couronnent le porte-fontaine, œuvre remarquable de l’ébénisterie Goudote » (L’Auvergnat de Paris, 21 avril 1956).

Le prince Rainier III lors du Tour de France automobile, Rouen 9 septembre 1953, (coll. privée, cliché United Press)
Le prince Rainier III lors du Tour de France automobile, Rouen 9 septembre 1953, (coll. privée, cliché United Press)

...Qui défie l'Histoire

A partir des années 1980, l’historien Joël Fouilleron (Université de Montpellier III) dépouille le fonds du comté de Carladès aux Archives du Palais princier et donne de nombreuses conférences sur la gestion par les princes de Monaco de leur fief aux XVIIe et XVIIIesiècles. Une première synthèse est publiée en 2011 dans la Revue de la Haute-Auvergne.

Le maire et conseiller général de Vic, Louis-Jacques Liandier, prend de nombreuses initiatives pour resserrer les liens par l’intermédiaire des groupes folkloriques et du jumelage des clubs Soroptimist d’Aurillac et de Monaco. En 1994, il fait réaliser, pour la salle du conseil municipal, par deux peintres parisiens, Emmanuel Besse et Isabelle Vinet, un tableau représentant la prise de possession du comté par le représentant du prince Honoré II.

" Remise du Carladès à Honoré de Grimaldi ", Emamnuelle Besse et Isabelle Vinat, 1994 (cliché ADC).
" Remise du Carladès à Honoré de Grimaldi ", Emamnuelle Besse et Isabelle Vinat, 1994 (cliché ADC).

Les équipes avant le match, 1997  (ADC 23 Fi 19)
Les équipes avant le match, 1997 (ADC 23 Fi 19)

Le prince héréditaire Albert vient à Aurillac en avril 1997, afin de participer à un match de football caritatif. Organisé par le club d’Aurillac du Soroptimist International, le match oppose l’équipe du prince, les Barbajuans, aux vétérans de l’Aurillac Football Club Auvergne.


Les 28 et 29 juin 1997, les maires de Vic (Louis-Jacques Liandier), de Carlat (Bernard Caranobe), de Calvinet (Bruno Puech) et de Mur-de-Barrez (Joseph Chayrigues) sont invités aux journées de l’amitié, pour le septième centenaire de la dynastie Grimaldi à Monaco. La « Bourrée du Carladès » et la « Bourrée de Montsalvy » se produisent dans les rues de la Principauté.

Le prince Rainier III entouré de la délégation carladésienne
Le prince Rainier III entouré de la délégation carladésienne

De gauche à droite : Mme Caranobe, Mme Puech, M. Liandier, maire de Vic, M. Caranobe, maire de Carlat, le prince Rainier, M. Gard, élu de Carlat et M. Puech, maire de Calvinet (coll. privée, cliché Mme Liandier).


En 1998, René Monboisse, président de la Société de la Haute-Auvergne, sollicite le parrainage du prince Rainier III pour la célébration du centenaire de la SHA. Celui-ci lui sera gracieusement accordée.

Le 15 décembre 2007, le prince Albert II préside la Nuit arverne à Paris. Il préface la réédition de l’ouvrage de Saige et Dienne (Aurillac, Cantal reprographie, 2007).

2011 : Les archives monégasques concernant le Carladès sont numérisées et mises en ligne sur le site des Archives départementales du Cantal htpp://archives.cantal.fr.

2014 : Suivant la suggestion de la Société de la Haute-Auvergne d’inviter le prince Albert pour célébrer le centenaire de la rétrocession du Rocher en 1914, le conseil général du Cantal décide d’organiser la visite officielle du couple princier.

Le prince Albert II de Monaco et la princesse Charlène (APM, cliché F. Nébinger)
Le prince Albert II de Monaco et la princesse Charlène (APM, cliché F. Nébinger)
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